ostéopathie et thérapie crânio-fasciale

La thérapie crânio-fasciale: c'est de l'ostéopathie? 

Oui, bien sûr, de l'ostéopathie crânienne, structurelle, et viscérale. Toutes les techniques ostéopathiques classiques.

Alors, qu'est-ce que cela apporte de plus?

L'ostéopathie ne peut se concevoir comme une thérapie globale et ne considérer le corps que par une approche mécanique. Le corps s'exprime toujours de façon cohérente. Il apartient au thérapeute de déchiffer cette logique pour appliquer un traitement manuel qui se rapproche au plus près de la cause.Il est important de comprendre pourquoi un blocage s'est installé. Que ce soit au niveau vertébral, articulaire, viscéral ou crânien. Et quel est le lien entre les différents blocages observés. Le corps est en perpétuelle adaptation, véritable tampon entre l'intérieur et l'extérieur. Et un blocage est souvent une solution trouvée par l'organisme pour se défendre contre un mécanisme visant à le déstabiliser, déséquilibre, fragiliser. Acceptons une bonne fois que ce mécanisme puisse être aussi psychologique! Il vaut mieux parfois transformer une zone mobile en une zone d'appui pour préserver un organe, ou "économiser de l'énergie". Il y a des priorités que le corps sait gérer. Et si le symptôme vient de cette solution d'adaptation, il ne faut surtout pas débloquer avant d'avoir remonté le fil menant à la véritable cause.  Nous savons tous qu'un lombago peut être favorisé par à un stress, des vertiges par une angoisse. Mais il appartient au thérapeute de lire et dénouer cet ensemble de troubles fonctionnels avec une méthodologie précise respectant  la genèse de la symptômatologie. Et ne pas hésiter à chercher la cause loin de la zone en souffrance.

Par exemple, j'ai mal au cervicales?

Et bien, la seule certitude, c'est que je ne vous débloquerai pas les vertèbres cervicales. Certainement pas lors de notre première séance en tous cas. Le rachis cervical est éminament une zone d'adaptation et de compensation. Quand çà bloque là, c'est l'ensemble du fonctionnement qui est à revoir.

Il y a quelques années, j'avais fait une étude sur la relation entre le blocage de la première vertèbre cervicale et le positionnement de l'os iliaque. Au delà de l'objet de la recherche, j'avais remarqué que ces blocages étaient extrèmement fréquents au point de constituer très rapidement une population de cent personnes pour pouvoir valider les observations. mais aussi, la correction de ces blocages était peu satisfaisantes car je constatais une récidive très fréquente. Ce qui était encore plus intéressant, c'était que la normalisation des désordres crâniens et des tensions méningées associées faisaient lâcher durablement ces blocages cervicaux, sans avoir à y toucher.

Donc, si ces blocages sont aussi fréquents, et s'ils reviennent après correction, on peut donc penser qu'ils sont surtout adaptatifs. Leur origine étant, ou passant, par le crâne.

Vous me parlez là d'une ostéopathie assez classique!

Oui, sauf qu'il faut maintenant un peu approfondir l'approche crânienne. Elle est particulière dans la mesure où, contrairement à l'enseignement académique, c'est la lésion de la voute qui est primaire par rapport a la symphyse sphéno-basillaire. Mécaniquement, le crâne est partie intégrante du corps. Les troubles fonctionnels du corps et les os crâniens sont en lien réciproque. De plus, on peut considérer une action du contenu sur le contenant; c'est à dire qu'une tension psychologique va pouvoir agir sur la structure, la plasticité crânienne, et donc agir secondairement sur le corps.

Le psychisme agit sur le corps...

La palpation du crâne va mettre en évidence des zones de tension, en rapport avec l'activité cérébrale. Donc un conflit, une problématique intérieure active, va modifier l'agencement mécanique et plastique de l'os crânien. Imaginons la voûte d'une cathédrale: les croisées sont les lignes de force, zone de densité plus marquée de l'os. Si la voûte présente une distorsion, piliers et arcs-boutants vont jouer.Les chaînes musculaires, la colonne vertébrale, les chaînes viscérales et fasciales sont les colonnes et arcs-boutants du corps humain. Nous avons un vrai lien entre le crâne et les autres tissus du corps. Le crâne est un lien mécanique objectif entre le fonctionnement psychique et le fonctionnement somatique.

On peut donc reconnaître plus précisément la cause d'un trouble motivant une consultation. Et donc agir au plus près.

Mais si la cause est psychique: que peut l'ostéopathie crânio-fasciale?

Deux choses: si le corps fonctionne harmonieusement, il ne sera pas aussi vulnérable aux tensions psychiques , et pourra servir de zone tampon, tout en gardant ses capactés fonctionnelles. Par exemple, on ne déclenchera pas un mal de dos, des maux de tête ou une colopathie, à la moindre contrariété. Et il n'est pas négligeable de pouvoir renseigner le patient, s'il le demande, sur une possible étiologie psychique de ses troubles. Mais ce sera à lui de faire son chemin dans cette voie.

D'autre-part, ne soyons pas trop platoniciens et considérons que si l'on fait du bien au corps, on fait aussi du bien à l'esprit.

Pour vous, l'intérêt principal de cette méthode?

Pour le patient comme pour le praticien, il n'est pas plaisant de refaire à chaque fois les même séances, comme si "çà ne tenait pas".

Là, chaque séance est nouvelle avec une reconstruction et un renforcement de l'équilibre. Couche après couche, nous retirons les sédiments de ce que la vie a déposé dans l'individu. Et puis, il est merveilleux de toucher et de partager cette réalité: chaque personne est unique.

Ostéopathie et stress

Les séances d'ostéopathie peuvent tout a fait améliorer les états de stress par un relâchement en profondeur des tensions. Les techniques sont très douces, crâniennes, viscérales et fasciales.

Il ne faut pas oublier que le stress est un problème intérieur. Aussi, il est intéressant d'ajouter la pratique de techniques psycho-corporelles pour aller plus loin dans la gestion personnelle des états de stress.

Parmi les plus efficaces: la sophrologie-relaxation, effectuée en groupe, ou en séances individuelles, plus personnalisées.

Le yoga est une pratique intéressante, à envisager sur le plus long terme, avec un investissement personnel plus important. C'est un regard plus profond sur soi-même.

La méditation est aussi très intéressante pour combattre le stress. Il s'agit là d'un travail psycho-corporel avec une dimension spirituelle. Toutes les traditions spirituelles ou religieuses ont une forme de méditation: "zen" par exemple pour les bouddhistes, "dikhr" pour les musulmans.Le christianisme, dans sa forme orthodoxe, propose la méditation hésychaste, utilisée par les moines depuis plus de quinze siècles. Pour cette méthode, vous pouvez vous renseigner auprès de Olivier de Lagausie.